Vue sur les toits parisiens depuis un appartement du 2e arrondissement avec immeubles haussmanniens
Publié le 11 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une estimation professionnelle sur place. Les fourchettes de prix mentionnées sont des moyennes qui peuvent varier significativement selon les caractéristiques propres de votre bien.

Vous avez reçu trois estimations. La première annonce 580 000 €. La deuxième monte à 720 000 €. La troisième se positionne entre les deux. Laquelle croire ? Dans le 2e arrondissement, cette confusion est presque normale. Le quartier Montorgueil n’a rien à voir avec le secteur Bourse. Une rue peut tout changer. L’écart entre le prix plancher et le prix plafond atteint parfois 60%. Sans méthode rigoureuse, vous risquez soit de brader votre bien, soit de le voir moisir des mois sur les portails.

L’essentiel sur l’estimation dans le 2e en 4 points

  • Les prix oscillent entre 9 572 € et 15 651 €/m² selon le micro-quartier
  • Les outils en ligne ignorent les spécificités internes de votre bien
  • Un DPE classé F ou G entraîne une décote moyenne de 15%
  • Croiser estimation agent + données DVF reste la méthode la plus fiable

Pourquoi le 2e arrondissement rend toute estimation si délicate

63%

d’écart entre le prix bas et le prix haut au m² dans le 2e arrondissement

Le 2e arrondissement concentre trois marchés immobiliers distincts sur moins de 100 hectares. Montorgueil, avec ses rues piétonnes et son ambiance village, attire les familles prêtes à payer le prix fort. Le Sentier, en pleine mutation depuis l’arrivée des startups, voit ses prix grimper mais reste plus accessible. Le secteur Bourse, plus institutionnel, séduit une clientèle différente. Selon les données notaires Grand Paris 2025, le prix moyen parisien s’établit à 9 700 /m² au 3e trimestre 2025, avec une progression de 1,3% sur un an.

La rue Montorgueil, micro-marché premium du 2e arrondissement



Dans mon activité d’estimation sur le 2e arrondissement, je constate que la fourchette de prix va de 9 572 € à 15 651 €/m². Ça fait un écart de plus de 6 000 € par mètre carré. Pour un 50 m², on parle d’une différence potentielle de 300 000 €. Comment expliquer un tel grand écart ?

L’étage joue. La vue aussi. L’état des parties communes compte. Le DPE pèse lourd désormais. Mais surtout : la micro-localisation fait tout. Un appartement rue Montorgueil côté pair, avec vue sur la rue piétonne, ne vaut pas le même prix qu’un bien donnant sur une cour sombre rue du Nil. Les algorithmes des estimateurs en ligne ne captent pas ces nuances. Ils moyennent. Or dans le 2e, la moyenne ne veut rien dire.

Trois méthodes pour estimer votre appartement : laquelle choisir

Vous avez le choix entre plusieurs approches. Chacune a ses forces et ses angles morts. Voici un récapitulatif qui compare les trois options principales selon cinq critères décisifs pour le marché du 2e arrondissement. Pour approfondir les méthodes pour faire estimer votre maison, plusieurs ressources complémentaires existent.

Quelle méthode d’estimation pour votre situation
Méthode Précision Coût Délai Objectivité Adapté Paris 2e

Estimation en ligne

Faible (±20%) Gratuit Immédiat Neutre Non adapté

Agent immobilier

Bonne si local Gratuit 3-7 jours Variable Oui si spécialiste

Avis de valeur notarié

Excellente 200-500 € 2-3 semaines Forte Oui

Les outils en ligne : rapides mais aveugles aux détails

Vous entrez votre adresse, votre surface, quelques caractéristiques. En deux minutes, vous obtenez une fourchette. Pratique. Mais dangereusement approximatif. Ces algorithmes travaillent sur des moyennes de transactions. Ils ne savent pas que votre appartement dispose d’une double exposition exceptionnelle. Ils ignorent que les charges de copropriété atteignent 400 € par mois à cause de travaux votés. Ils ne voient pas le vis-à-vis à 5 mètres.

Ces outils restent utiles pour une première idée. Pas plus. Si l’outil vous annonce 650 000 €, considérez que la réalité se situe quelque part entre 550 000 € et 750 000 €. C’est une base de discussion, jamais un prix de mise en vente.

L’estimation par un agent immobilier : expertise locale sous conditions

La plupart des agents proposent une estimation gratuite. Normal : ils espèrent décrocher votre mandat de vente. Cette gratuité a un revers. Certains gonflent délibérément le prix pour vous séduire, quitte à vous demander des baisses successives trois mois plus tard.

L’estimation sur place permet d’évaluer les critères invisibles aux algorithmes



Pour éviter ce piège, exigez un agent qui connaît vraiment le 2e. Demandez-lui ses dernières ventes dans le quartier. Vérifiez sur la base DVF data.gouv.fr si les prix qu’il annonce correspondent aux transactions réelles. Un bon agent du secteur sait que la rue Réaumur côté pair vaut moins que côté impair. Il connaît l’impact des travaux de ravalement prévus passage du Grand-Cerf.

L’avis de valeur notarié : la référence pour les situations complexes

Le notaire dispose d’un avantage décisif : l’accès à la base PERVAL, qui recense toutes les transactions déclarées. Son estimation s’appuie sur des comparables vérifiés, pas sur des annonces. Cette rigueur a un coût, entre 200 € et 500 € selon la complexité. Comptez deux à trois semaines pour obtenir le rapport.

Je recommande cette option dans trois cas précis : divorce ou succession (besoin d’une valeur incontestable), bien atypique (loft, duplex, rez-de-jardin), ou écart trop important entre les estimations agents. Pour un appartement classique avec vente simple, l’estimation agent croisée avec DVF suffit généralement.

Vigilance sur les estimations gonflées

Un agent qui vous promet 15% de plus que ses concurrents cherche probablement à signer un mandat exclusif. Trois mois plus tard, il vous demandera de baisser. Préférez celui qui argumente son prix avec des ventes réelles du quartier.

Les 5 critères qui font varier le prix de 30% dans le même quartier

Avant de rencontrer un professionnel, vous pouvez déjà évaluer où se situe votre bien dans la fourchette. Ces cinq critères pèsent lourd dans le 2e arrondissement. Si vous cherchez une première estimation pour votre bien, ulys.immo propose un service dédié au secteur.

Parquet, moulures et hauteur sous plafond : les marqueurs de cachet du 2e



Les 5 critères à évaluer avant votre estimation



  • Étage et ascenseur : un 5e sans ascenseur décote de 15-20% vs le même bien avec ascenseur


  • DPE actuel : un classement F ou G entraîne une décote moyenne de 15% selon les études récentes


  • Vue et exposition : une double exposition sur rue valorise de 5-10% vs une mono-exposition sur cour


  • Charges de copropriété : au-delà de 80€/m²/an, les acquéreurs négocient systématiquement


  • Travaux à prévoir : une rénovation complète représente 1 200-1 800 €/m² à déduire du prix

Le DPE mérite une attention particulière. Selon une étude impact DPE SeLoger, la décote moyenne pour les passoires thermiques atteint 15%, soit environ 452 €/m² de moins qu’un bien classé D. La marge de négociation grimpe à 5,9% pour les logements F ou G, contre 3% pour un bien correctement isolé.

Ce que les acquéreurs vérifient en premier

Dans les dossiers que je traite, l’ordre d’importance est constant : DPE d’abord (coût des travaux énergétiques), puis état cuisine et salle de bain, enfin charges mensuelles. Le cachet (parquet, moulures) vient après, sauf pour les biens exceptionnels.

Attention aux travaux de copropriété votés mais non encore appelés. Un ravalement à 15 000 € par lot prévu dans six mois doit figurer dans vos calculs. L’acquéreur le découvrira dans le pré-état daté. Mieux vaut l’intégrer dès l’estimation pour éviter une renégociation tardive.

Les erreurs qui faussent votre estimation (et comment les éviter)

Dans mon activité d’estimation sur le 2e arrondissement, je constate régulièrement que les propriétaires surestiment leur bien de 15 à 20% en se basant sur leur prix d’achat. Résultat : le bien reste 4 à 6 mois sur le marché avant plusieurs baisses de prix. Ce constat est limité au secteur Paris 2e et peut varier selon l’état du marché et l’urgence de vente.

Sylvie, 65 m² rue Montorgueil : de 780 000 € à 695 000 €

J’ai accompagné Sylvie l’année dernière. Son cas m’a marqué parce qu’il illustre parfaitement le piège de la surestimation. Elle avait utilisé un outil en ligne qui annonçait 780 000 €. Logique sur le papier : rue Montorgueil, 65 m², 3e étage. Sauf que l’appartement donnait sur cour, sans ascenseur, avec un DPE classé E. Après deux mois sans aucune visite, elle m’a contactée. Réestimation terrain : 695 000 €. Vendu en cinq semaines à 688 000 € après légère négociation.

L’erreur la plus courante ? Se fier à son prix d’achat. Vous avez acheté 8 500 €/m² en 2018, donc votre bien vaut forcément plus aujourd’hui. Faux. Le marché parisien a connu des hauts et des bas. Les taux d’intérêt ont changé. Votre quartier a peut-être évolué différemment de la moyenne. Seules les transactions récentes comparables comptent.

Deuxième piège : les travaux que vous avez réalisés. Cette cuisine à 25 000 € ne valorise pas le bien de 25 000 €. Les acquéreurs paient pour un appartement fonctionnel, pas pour rembourser vos choix décoratifs. Comptez une valorisation de 30-50% du montant investi, pas plus.

Conseil pour vérifier une estimation agent

Demandez systématiquement les trois dernières ventes comparables sur lesquelles l’agent base son estimation. Vérifiez-les sur DVF. Si les prix ne correspondent pas, posez la question. Un professionnel sérieux sait justifier chaque euro de son estimation.

Pour aller plus loin dans la compréhension des enjeux, une expertise professionnelle pour votre estimation peut s’avérer décisive dans les situations complexes.

Vos questions sur l’estimation dans le 2e arrondissement

L’estimation par un agent immobilier est-elle vraiment gratuite ?

Oui, dans l’immense majorité des cas. L’agent propose cette prestation gratuitement car il espère obtenir votre mandat de vente. Son travail sera rémunéré par la commission sur la transaction. Méfiez-vous si on vous demande un paiement : ce n’est pas l’usage.

Comment vérifier si une estimation est honnête ?

Croisez avec les données DVF accessibles gratuitement sur data.gouv.fr. Recherchez les ventes récentes dans votre rue ou votre immeuble. Si l’estimation agent dépasse de plus de 10% les transactions comparables, demandez des explications détaillées. Un écart peut se justifier (travaux, étage, vue), mais il doit être argumenté.

Faut-il faire plusieurs estimations avant de vendre ?

Je recommande trois estimations minimum : deux agents locaux et une consultation des données DVF. Si les écarts dépassent 10%, ajoutez un avis de valeur notarié. Cette triangulation vous protège contre les estimations biaisées et vous donne des arguments pour la négociation du mandat.

Le DPE impacte-t-il vraiment le prix de vente ?

Oui, significativement. Les études récentes montrent une décote d’environ 15% pour les logements classés F ou G par rapport à un bien équivalent classé D. Les acquéreurs anticipent le coût des travaux de rénovation énergétique, d’autant plus que la location de ces biens est désormais interdite depuis janvier 2025 selon le guide ministériel DPE 2025.

Quels diagnostics dois-je fournir pour vendre mon appartement ?

La liste officielle diagnostics obligatoires vente comprend : DPE (audit énergétique en plus si classé E, F ou G), diagnostic plomb si construction avant 1949, amiante si avant juillet 1997, électricité et gaz si installations de plus de 15 ans, et état des risques. Pour un appartement ancien du 2e, prévoyez entre 300 € et 600 € selon la surface.

La prochaine étape pour vous


  • Consultez DVF pour votre rue et notez les 3-5 ventes les plus récentes

  • Faites réaliser deux estimations agents par des spécialistes du 2e

  • Croisez les résultats et challengez les écarts avec les données réelles

  • Exigez un mandat avec un prix cohérent avec les comparables vérifiés

Une question reste ouverte : êtes-vous prêt à entendre un prix qui ne correspond pas à vos attentes ? C’est souvent là que se joue la différence entre une vente rapide et des mois de frustration. Le marché du 2e arrondissement récompense les vendeurs réalistes. Les autres attendent.

Rédigé par Mathilde Verneuil, conseillère immobilière spécialisée dans les arrondissements centraux de Paris depuis 2016. Elle a accompagné plus de 180 propriétaires dans leurs projets de vente, dont une quarantaine sur le 2e arrondissement entre Sentier, Montorgueil et Bourse. Son expertise porte sur l'estimation fine des biens atypiques parisiens (lofts, appartements anciens à rénover, petites surfaces) et la valorisation des atouts spécifiques de chaque micro-quartier.